Institution Notre Dame des Anges
Enseignement Catholique
Établissement privé lié par contrat avec l'État
Saint-Amand-Les-Eaux

Marche de la paix du 11 novembre

EDITO,  12  novembre 2021

QUAND  SONT  FRANCHIES   LES  LIMITES  DE L’INHUMANITE…

Beaucoup d’Amandinois ont sans doute été étonnés, ce 11 novembre, de voir s’étirer de longues cohortes de marcheurs à travers rues et chemins de la ville et de la forêt. C’était le rassemblement régional de Pax Christi (Paix du Christ), qui se tenait chez nous. Avec l’appui de la délégation de Lille, nous étions environ 120 à participer, et à relancer un mouvement qui a eu son heure de gloire sitôt la 2ème guerre mondiale, et au moment des guerres coloniales. Simple balade à saveur écologique ? Que non ! L’enjeu est bien plus précieux, vital….

Nous sentons bien que la paix n’est pas une situation acquise, pérenne, assurée. Déjà dans nos familles, nos groupes de rattachement, nos pays d’appartenance…Elle s’entretient si on veut  qu’elle ne dégénère pas  en conflit, en festival d’horreurs qui labourent cœurs et intelligences, et  qui ne fait que des perdants. Des milliers de migrants utilisés comme boucliers humains, entre Pologne et Biélorussie, des filles et des femmes réduites en esclavage. Triste monde, qui a bien déçu la petite source qui, en nous, parle de paix….  Le 11 novembre était bien la bonne date pour donner corps à ce projet. Aussi nous revient-il, à nous chrétiens, inspirés par l’expérience de Jésus et de ceux qui lui font confiance, de commencer par  vivre la paix au plus proche. A identifier les vrais artisans de paix, animés par le sens des autres, la gratuité,  le rêve d’un monde réconcilié. Voilà pourquoi ce rassemblement du 11 novembre. C’était aussi l’occasion d’ouvrir nos portes et nos fenêtres, de respirer le grand air, de nous rendre compte que nous ne sommes pas seuls à regarder plus haut que celles et ceux qui ont pour Dieu  le succès, l’avoir, la domination sur d’autres êtres humains….                                                                       

Alors, grâce à quelques amis un peu convaincus, nous avons accepté la proposition des Lillois, experts en paix. Nous avons fait équipe, et passé quelques barrières…Etabli des contacts avec des personnes et des groupes ou institutions qui, chacun à leur façon, sont artisans de paix. Les groupes paroissiaux (que de mercis à donner !...), la Ville de St Amand, ses employés  et ses services, les associations locales, comme l’Entraide Amandinoise, les groupes musicaux : Exultate Deo, de Valenciennes, les Amandinois qui s’intéressent à l’histoire de notre cité, Notre-Dame des Anges, qui, sans réserve, a  mis ses locaux et sa logistique, et surtout son personnel et ses enseignants à notre disposition. Mais surtout les élèves, de primaire et de secondaire, qui ont réalisé une expo riche de sens et d’Espérance.

La paix par les jeunes, voilà une leçon de notre époque à l’avenir si angoissant. C’était réjouissant de voir ces élèves de première, seconde et terminale, aidés de leurs professeurs, découvrir avec étonnement et appétit, les richesses  de notre ville, le sens que contient un simple mur, et se passionner pour l’ardeur déployée par des artisans de paix qui ont illustré notre temps, du Moyen-Âge  à  aujourd’hui. Et puis, la découverte par des « étrangers », du charme et du poids historique  de notre cité.                                                                                                                                                  

Petit signe : un responsable lillois m’a confié qu’il se pourrait bien que des équipes venues de Flandre s’organisent pour refaire le même parcours….

« Les nations briseront leurs épées pour en faire des socs, et leurs lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à faire la guerre » (Isaïe, 2, 4)

 

Père Jean-Marc BOCQUET

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